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Actualité
A Jacmel, siw' pa pare pa mouri...!
Publié le Mardi 26 Février 2008 à 17h00
Cent milles gourdes est actuellement le cout minimal des funérailles à Jacmel, selon les exigences de la société de cette cité.
Jadis faite de tristesse partagée, et de méditation l’ambiance qui règne dans les funérailles de nos jours s’apparente à celle des premières communions et des mariages. Un constat dénoncé par les Jacméliens questionnés par bonzouti.com
Les dépenses….
Les chapelles funéraires (cinq à Jacmel actuellement) exigent des parents des morts quatre vingt milles gourdes minimum pour organiser les obsèques. Selon la mode une fanfare doit accompagner le convoi funèbre jusqu’au cimetière, et le cout de ce service s’estime à hauteur de trois mille cinq cents gourdes, puis vient les annonces funéraires sur différentes stations de radio diffusion de la ville, à raison de deux cents cinquante gourdes par jour, et par station, selon la mode plus de stations et de jours de diffusion signifie plus de fortune. ‘’… se quatre radyo wi ki bay nouvèl lanmo sa-a, moun sa yo gen kob papa…’’ commentent les curieux habituellement.
Le gros des dépenses est la réception avant et après l’enterrement du défunt. Les amis exigent du chocolat, en guise de thé, le Prestige est obligatoire, ‘’e fok yo byen frape souple siw pa vle yo palew mal…’’ s’est désolé un prêtre sous couvert de l’anonymat. La famille du défunt doit servir de la cigarette aux fumeurs, du gâteau aux non fumeurs, sans oublier le cabri grillé, et le griot.
Les analyses…
Consulté à ce sujet le sociologue Camille Jean Charles avance que cette société vit actuellement ce qu’il appelle la crise du miroir, où l’égoïsme prédomine, où l’ombre arrive à gober la substance.
‘’ Cette crise est la caractéristique de toute société, famille ou regroupement rongés par la misère, et la désolation…’’a commenté le sociologue. Ce dernier a aussi ajouté que ce comportement annonce ou reflète le règne des trafics souterrains et spéculatifs, bref le quotidien de Jacmel de nos jours.
Membre du secteur privé des affaires, Mireille Lafalaise, elle, rejette l’idée du sociologue disant que ce comportement est typique au milieu où la misère prédomine, avec lucidité et recul, elle cite Jean Paul SARTRE affirmant que ‘’ L’enfer, c’est les autres…’’ Selon Mireille Lafalaise, nous vivons plutôt une crise d’identité, où nous existons à travers le regard des autres. ‘’ Parlons du m’as-tu vu, et non de miroir…il faut vivre à la hauteur de l’étiquette que tu t’es octroyé. Le prix des funérailles d’un de nos proches nous classe socialement comme le prix de nos cellulaires…’’ a conclu Mlle Lafalaise
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Nombre de commantaires (1)
| sanecson dit: | 27/02/2008-06:16 |
Le constat fait par nos frères jacméliens est plus que véridique.Il m'est même arrivé une fois de confondre un enterrement à un mariage parce que le cercueil était déjà parti.On arrive vraiment aujourd'hui à un carrefour ou le défunt est mieux servi que de son vivant.Cependant je ne suis pas d'accord avec les causes évoquées parce que personne au monde ne peut donner ce qu'elle n'a pas et si elle a pu faire des funérailles d'un proche un festin hors norme c'est parce qu'elle en a les moyens mais pas parce qu'elle veut répondre aux exigences de la société.Ce n'est pas la demande du public qui doit chambouler tout le passé d'une société.je pense que c'est plutôt la mise en vogue des images négatives importées qui nous plonge encore au fond de la fosse.Bien que l'on soit contraint d'admettre certaines mutations dans la société mais il faudra que chacun fasse selon ses moyens,ses capacités.En passant je dois dire aussi que c'est une pratique plutôt urbaine parce que dans le milieu rustique le rituel est encore le même. | |
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