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Actualité

Jacmel renaîtra de ses cendres malgré son boycott

Par Milot Nestor
Publié le Samedi 05 Avril 2008 à 17h00

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Pour la Vérité et pour l’Histoire
« Jacmel n’est connue que pour son carnaval et ses bandes à pieds; Jacmel est une ville de plaisirs et de débauches ; Jacmel est une ville d’artisanat; ou encore dans un autre registre, sur le plan sportif, Jacmel est une ville antisportive; Jacmel est une ville rebelle à tout changement, réfractaire à toute nouveauté; pour conclure les gens de Jacmel ne sont capables de rien organiser »

Telles sont les allégations parmi tant d’autres qui circulent actuellement dans certains milieux « sportifs avisés » de Port-au-Prince et telle est la manière dont ce « club des connaisseurs » dépeint Jacmel en ce moment de la tête aux pieds.

Tant qu’on y est on pourrait même aller plus loin encore, d’ailleurs qui oserait nous en empêcher puisqu’il est permis à n’importe qui, n’importe où, de tout dire dans notre cher pays sans être inquiété, Jacmel n’existe pas dans les annales du sport de ce pays.
Et la presse dans tout ça ?
La question peut paraître surprenante pour ceux qui ne savent pas encore de quoi il est question mais plus loin ils comprendront.
Le rôle de ce dernier ne consiste-t-il pas d’enquêter, d’aller à la recherche de vraies informations et de vérifier leurs sources, de questionner l’ensemble des acteurs impliqués dans la promotion et le développement d’un secteur donné dans une région ou une ville aux fins de distinguer le vrai du faux pour établir la vérité et pour apporter l’équilibre nécessaire à la stabilisation mentale de ceux qui sont accusés à tort et à travers ?
Le but de cet article n’est pas de donner tort ou raison aux auteurs des propos ci-dessus (l’Histoire le fera sans doute) ni non plus de rentrer dans un conflit ouvert avec eux mais le principal motif qui m’a poussé à l’écrire c’est de comprendre pourquoi un tel acharnement sur Jacmel et ce qui est à l’origine de toute cette batterie de tirs tous azimuts envers Jacmel en nonobstant (volontaire ou involontaire) l’Histoire riche et glorieuse de cette ville sur le plan sportif et tout ce qui se fait actuellement par les tenants de la nouvelle génération pour l’aider à remonter cette pente ô combien difficile. Cette situation difficile est similaire de nombreuses autres villes du pays.
C’est vrai que Jacmel n’est pas parmi les villes qui retiennent l’attention des décideurs politiques sur le plan sportif bien sûr, c’est vrai que Jacmel n’est pas aux rendez-vous des grands spectacles sportifs à l’échelle nationale mais est-ce une raison suffisante pour la dénigrer à ce point avec une facilité déconcertante. Ces détracteurs semblent oublier que le sport en Haïti après la chute de Duvalier cesse d’être ce qu’il était et depuis lors c’est la descente aux enfers. L’échiquier sportif a été considérablement bouleversé. Les dures réalités socio-économiques, corollaires des nombreuses turbulences politiques qui ont secoué la société haïtienne aux lendemains de la chute de Duvalier, auxquelles ont dû faire face les clubs, les fédérations, les dirigeants et les associations sportives et tous ceux qui sont impliqués dans le fait sportif, ont changé la donne au point qu’on n’encadre plus, qu’on ne forme plus, qu’on ne produit plus, et qu’on exporte plus. Depuis lors on tâtonne. Car le séisme provoqué au sein de la société par les nombreuses divisions internes sur le plan politique nous a empêchés de retrouver la force mentale nécessaire pour réagir, repartir et tout reprendre à zéro, par le commencement : la formation de base qui reste un véritable défi pour ce pays.
Mais revenons sur ce qui a pu être à l’origine de cette association de tirs groupés envers Jacmel avec pour principal objectif de saper tous les efforts qui sont en train d’être consentis par ceux-là qui travaillent dans l’ombre, les « sans-voix » représentées par la nouvelle génération. Rétablissons maintenant la vérité pour l’Histoire. Pour le faire deux événements sportifs marquants retiennent toute notre attention. Abordons le premier qui n’est pas des moindres.
Tout le monde sportif a encore en mémoire cette tentative avortée du club Victory du Bas peu de Chose de Port-au-Prince de vouloir faire de Jacmel son nouveau bastion pour recevoir ses rencontres de la première division de football l’année dernière. La raison avancée à l’époque : l’insécurité galopante à la capitale faisait peur, conséquence : le public sportif ne se déplaçait pas pour venir voir les matchs; donc difficile de faire bonne recette dans une atmosphère aussi pourrie (même si cela n’a pas été dit clairement). Il fallait trouver une ville comme Jacmel qui présente tous les atouts tant sur le plan sécuritaire que sur le plan de l’attention particulière que l’on accorde à elle pour son hospitalité, son carnaval, son artisanat et ses plages. Mais une ville où ses habitants ont besoin surtout d’être apprivoisés en ce qui a trait à la conception et à la représentation même que l’on fait du sport moderne. En gros, il fallait faire découvrir aux gens de Jacmel le concept « sport »dans ses moindres recoins.
Disons le d’emblée, il n’a nullement été question de s’identifier à la population de Jacmel voire de celle de ses contours. Aucune conférence de presse n’a été organisée au tout début pour présenter au public les dirigeants, le staff technique et les joueurs ni aucune séance d’entraînements n’a jamais été réalisé au Parc Pinchinat en vue de se familiariser avec le public. La volonté d’y intégrer un ou deux joueurs locaux suffisait-il à avoir l’adhésion et la sympathie du public pour cette équipe ? Ont-ils contacté au tout début ceux qui militent réellement en faveur d’un développement durable du sport à Jacmel ? Les dirigeants de Victory Club n’ont en réalité reçu en retour que la monnaie de leur pièce. Car leur erreur a été fatale. Ils ont complètement fait fi des règles de bienséance. Ils ont été considérés plutôt comme un intrus que comme un enfant de la maison coutumier et respectueux des règles familiales. Ce vieux dicton créole pourrait bien s’appliquer à eux : « jan ou vini an se konsa nou resevwa ou ».
Mais comme tous les mauvais perdants qui cherchent un bouc-émissaire à leur échec, les responsables de Victory Club associés à une certaine frange de la presse nationale ont imputé la faute aux paisibles citoyens de Jacmel, « dent pouri gen fos sou bannan mi » c’est ça ?
Et comme à Jacmel nous vivons en vase clos, des accusations à l’emporte-pièce à l’encontre de cette ville peuvent circuler d’un bout à l’autre du territoire national sans l’ombre d’un écho. Il est donc grand temps que ces critiques cessent une fois pour toutes car elles sont injustes, infondées et intolérables. On ne peut pas demander aux gens de Jacmel de payer pour des fautes qu’ils n’ont pas commises. Ces mauvais perdants feraient mieux de se regarder dans un miroir et de se dire c’est nous les coupables !
L’autre événement sportif déroulé à Jacmel et qui l’a remise sur l’orbite des villes fréquentables- le processus d’apprivoisement devrait continuer- a été le fameux traditionnel tournoi national de volley-ball qui s’est déroulé les 3, 4 et 5 août 2007 et qui devait réunir tout le gratin de cette discipline sportive. Tout le monde en connaît l’issue. Fiasco. Le tournoi n’a pu aller à son terme. Comme ce fut le cas pour l’échec d’implantation de Victory Club à Jacmel, le même scénario se répète. Il faut trouver un coupable. Jacmel est la cible idéale car s’imagine-t-on c’est une ville sans défense. En cas d’agressions ou d’attaques à outrance, elle n’aura pas les moyens de riposter. N’importe quel groupe d’individus peut débarquer de n’importe où dans une ville et sans prendre contact avec les personnes avisées d’un secteur donné peut se permettre d’organiser n’importe quel événement dans ce secteur là sans même obtenir l’aval des autorités locales voire consulter ceux qui sont réellement concernés au quotidien par le fait sportif. En cas d’échec la faute est imputée facilement à la population paisible de cette dite ville. De quoi lui reproche-t-on ? D’avoir eu la malchance d’être présente lors de ces simulacres de matchs alors qu’elle n’a rien à voir ni de près ni de loin dans cette histoire. En ce moment elle en paie le prix fort d’autant plus que ces allégations n’ont rien de rationnelle ni de cohérent. Elles sont infondées et injustes. Elles risquent de nuire considérablement à la stabilité mentale des gens et créer des effets irréversibles et dévastateurs chez eux surtout en ces temps difficiles.
Les questions pertinentes qu’on est en droit de se poser sont les suivantes. Pourquoi on s’acharne autant à détruire la bonne réputation de Jacmel alors qu’aucune remise en question de la planification et de l’organisation du tournoi n’a jamais été faite ni la volonté de rechercher les vraies raisons d’un tel débâcle sportif ? Pourquoi jusqu’à date aucune conférence de presse n’a jamais été donnée suite à l’arrêt prématuré du tournoi pour éclaircir enfin les nombreuses zones d’ombre, s’excuser, s’expliquer, côté finance surtout ? Rien de tout cela. Tout le monde sait que le traitement des différentes délégations laissait à désirer, ne parlons même pas de l’accueil, en gros toute la question de la planification a été mise de côté. On pourrait plus parler d’une farce que d’un vrai tournoi national de volley-ball. C’est normal d’avoir obtenu ce résultat là quand ce sont des gens qui ne connaissent absolument rien en matière de planification et d’organisation de spectacles sportifs qui restent toujours la référence des gens de Port-au-Prince et qui sont toujours au devant de la scène et ce depuis 15-20 ans. Toutes les sociétés ont évolué et continuent d’évoluer encore car nous vivons dans un monde de mutation constante. La société Jacmélienne est la seule à vivre dans une bulle ? Est-elle restée figée au point de souffrir d’un manque d’alternatives crédibles et sûres à l’heure actuelle ?

Que ce soient les dirigeants de Victory Club, que ce soient les organisateurs du tournoi national de volley-ball, que ce soit cette frange de personnes à Jacmel, complice, que ce soit une certaine faction de la presse à Port-au-Prince, que ce soient les détracteurs de tout acabit, je leur dis que Jacmel vit des moments difficiles sur le plan sportif, c’est vrai. A l’instar des autres villes du pays Jacmel n’est pas exempt des dures réalités socio-économiques qui lui frappent de plein fouet. C’est tout le sport qui va mal. C’est tout le sport de notre pays qu’il faut repenser. C’est un problème d’ordre général qu’il faut placer dans un contexte général. Nous faisons de plus en plus face, et, selon un rythme effréné, n’en déplaise à vous « club des connaisseurs », pour employer une formule lapidaire, à un développement du sous-développement du sport en Haïti. Il fut un temps où Jacmel brillait de mille feux sur les scènes sportives locale et nationale. Nous avions alimenté en joueurs certains clubs de football de la capitale. Nous avions même exporté un temps notre volley-ball à Petit-Goâve, plus précisément notre savoir-faire. Les plus nostalgiques diraient « au bon vieux temps ». Au fait, au regard de ce qui passe actuellement, qui ne l’est pas ? Ne tombons pas trop dans la démagogie. Vos déclarations hâtives sans fondement véritable ne font que du tort au sport local et sont en train de tuer tous les espoirs d’un possible renouveau mais ce dernier repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses.

A bon entendeur salut



Milot Nestor
Professeur d’éducation physique et sportive

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Nombre de commantaires (1)

you ti mo dit: 07/04/2008-12:55

bel sujet ampil reflexion men mwen santi ke ou telman touche tout ou serie de point ensemble ke ou mete lecteur yo nan ou pozisyion difisil pou yo opine' .moin resenti frustasyion ou nan degradasyion ak sa ki gen a we' nan systeme de fonctioneman jacmel men ou touche twop point ki mete 'm ou ti kras nan confuzion sel sa mwen ka tire nan sa'w di yo se probleme sport en particulier foot ball lakay nou an men mwen panse ke ou pa telman santre' sou article la pou permet lecteur yo rejwen ou et ede a you solusyion pourquoi pas

you ti mo

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