Sénatoriales partielles : campagne élecorale pratiquement nulle, mais la violence est au rendez-vous et fait 1 mort à Cayes-Jacmel
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Port-au-Prince, 10 juin 2009 – La campagne électorale est pratiquement nulle dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans les villes de province à une douzaine de jours du 2ème tour des sénatoriales partielles fixé au 21 juin, cependant, la violence fait déjà un mort par balles et des blessés, dans le Sud-est et la grande-anse.
Après les violences dans le département de la Grande-Anse, ce sont des partisans du parti présidentiel l’Espoir et ceux de l’OPL qui se sont affrontés mercredi après-midi. Les bagarres ont commencé sur la plage de "Ti Mouillage pour s’étendre jusque dans le centre de la commune de Cayes-Jacmel (sud-est).
La victime serait un chauffeur de taxi-moto présent sur les lieux des affrontements, mais, selon le sénateur Joseph Lambert, dont le frère Wanceslas Lambert est candidat sous la bannière de l’Espoir, il s’agirait d’un membre du parti présidentiel.
Les partisans du candidat de l’OPL, Ricard Pierre, rejettent la responsabilité des violences sur l’Espoir qui compte par ailleurs la plupart des candidats agréés pour le second tour.
Entre temps, la campagne électorale marque le pas, et l’indifférence semble être la règle.
Lors d’un micro-trottoir réalisé mercredi dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, de nombreux citoyens interrogés ont fait savoir que rien n’indique qu’il y aura des élections dans le pays. De plus, les candidats et les conseillers électoraux ne semblent avoir aucun pouvoir pour sensibiliser la population.
D’autres ont évoqué les conditions de vie infra-humaines dans lesquelles évolue la population pour expliquer leur désintéressement.
La population, particulièrement les couches défavorisées, est abandonnée à elle-même, comment veut-on qu’elle s’intéresse à des élections qui ne sont susceptibles de lui apporter quoique ce soit, ont fait savoir en substance d’autres citoyens qui affirment ne pas connaitre même les noms des candidats retenus pour le 2è tour.
D’autres citoyens ont affirmé qu’ils n’ont nullement l’intention d’aller risquer leur vie, dans cette situation de panique et d’instabilité aggravée par les manifestations des étudiants pour réclamer la promulgation de la loi sur le salaire minimum.
Un autre secteur a indiqué : nous avons déjà voté des centaines de fois, mais aussitôt les élections terminées, des élus nous humilient et nous disent qu’ils ne nous avaient pas demandé de voter pour eux.
"Une fois arrivés au pouvoir, les élus s’occupent généralement de leurs propres intérêts et forment leurs petits clans", a souligné un étudiant de la faculté d’ethnologie, estimant que le changement n’est pas pour demain en Haïti.
Le 2è tour de ces élections est prévu sur toute l’étendue du territoire, à l’exception du département du Centre où le 1er tour avait été annulé le 19 avril dernier pour raison de sécurité.
Le parti Fanmi Lavalas déclare la journée du 21 juin “journée portes fermées” comme c’était le cas lors du premier tour. Ce qui avait réduit la participation à entre 2 et 3%, selon les observateurs, mais 11% , selon le CEP.
Un responsable du parti, Jacques Mathelier, a appellé le peuple haïtien à respecter ce mot d’ordre et le président René Préval à assumer ses responsabilités en promulgant la loi sur le salaire minimum.
C’en est assez, la population n’en peut plus, il faut agir pour chercher à éviter le pire, a lancé M. Mathelier.
Source:AHP
Tags:Haiti Insecurite
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