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ET S’IL FALLAIT ECRIRE
Publié le Lundi 28 Avril 2008 à 17h00
Je l’ai connu, timide et réservé, cherchant dans une sereine solitude, des mots, encore des mots, toujours un mot pour endurer la douleur d’être seul, face au monde et aux choses. Et c’est à juste titre qu’il nous propose aujourd’hui FEUX D’ENNUI pour charrier, au delà du dire, les intenses émotions qui brûlent et la sempiternelle question du sens pour le poète qui s’étonne. L’étonnement ! Ah, voila encore un mot qui nous rappelle l’immense capacité de l’homme-sujet qui non seulement cherche à comprendre, mais aussi et surtout qui s’émerveille devant « ces feuilles qui dansent ».
Je l’ai connu timide au Centre Pommayrac, sans jamais le côtoyer vraiment pour partager le bonheur de dire ensemble des poèmes dans une classe de première. Tout ce que je savais de lui, c’est qu’il lisait beaucoup et qu’il écrivait des poèmes comme un fou. Je l’ai revu quelques années plus tard à la Faculté d’Ethnologie, et c’est peut être là qu’on commença vraiment à se fréquenter, parlant de l’extrême douleur de ne pas pouvoir faire ce qu’on aime dans ce pays où l’on passe trop souvent à coté de son rêve. Il me parlait sans cesse de son envie d’écrire, d’étudier la littérature alors qu’il faisait la gestion pour faire plaisir à ses proches. Fréquentant la même fac, on partageait les livres et les revues comme si c’était l’unique moyen de rester égal à soi même, de peur de n’être broyé dans la quotidienneté et dans la répétition du même.
Aujourd’hui, il publie FEUX D’ENNUI. Le défi auquel répond cet ouvrage est, à mon sens, celui de prouver qu’on peut encore écrire, à la lueur d’une lampe ou même sur les trottoirs crasseux de Port-au-Prince, le malheur d’un pays qui s’enfonce dans le chaos, la peur que l’on connaît « du matin flou au soir très chaud » ou « les mots sans yeux, sans chair et sans épée » qui traduisent les désillusions du poète, ses déboires, ses rêves et ses folies. En ce sens, FEUX D’ENNUI est un acte de courage et de liberté qui permet d’aller jusqu’au bout de son rêve et de supporter, à chaque instant, le poids de ses choix comme un lourd fardeau d’éternité.
C’est avec beaucoup de respect et d’admiration que je salue ce premier ouvrage d’un ami qui choisit des mots simples pour « déclarer avec sa voix d’éclair des secrets monstrueux ». Celui qui veut « habiter dans l’ombre des lumières » nous propose aujourd’hui des mots pour spiritualiser nos ennuis et les transmuer en valeurs créatrices. Puisse t-il continuer à travailler dans sa profonde solitude pour planter d’autres semences de telle sorte à marquer son temps et à sublimer son désir d’éternité.
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Nombre de commantaires (2)
| erndelma1 dit: | 29/04/2008-14:34 |
Et aussi mes chers amis, congénères Jacméliens, n’oubliez pas “onmlèt pa jan’m fèt san kase ze” La renommée même de Jacmel va apporter des ennuis incommensurables et de toutes sortes. Certaines personnes ne font que ça, elles restent dans l’ombre attendant le moment propice pour semer la terreur « pou yo kontrarye bon bagay ». Ainsi ayez – chacun de vous en particulier pour Jacmel – les yeux de Mattlock et d’Hercule Poirot. Aux Etats-Unis et ailleurs on fait du « Neighborhood Watch » « Chak vwazen ap veye pou tout lòt vwazen yo » Que chaque Jacmélien soit un détective pour Jacmel en vue de détourner la terreur, en vue d’intimider l’insécurité au lieu d’être intimidés par elle. Chacun pour tous, Dieu pour tous, Jacmel aux Jacméliens puis aux étrangers bons et pacifiques. | |
| erndelma1 dit: | 09/05/2008-14:12 |
Je m'excuse auprès des lecteurs de bonzouti.com pour ce commentaire mal placé. J’ai voulu plutôt commenter sur un autre article, mais par erreur j’ai cliqué sur un lien inapproprié. | |
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